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des chercheurs étudient les déplacements des thons rouges grâce à des balises électroniques

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Des chercheurs de l’Ifremer, de LIRMM  et du CNRS ont équipé de balises 5 thons rouges afin d’étudier leurs déplacements. Un an plus tard, les premières conclusions sont révélées, et avec grande surprise, un individu a réalisé une double transatlantique avant de rentrer en Méditerranée ! 

C’est en 2019 que l’opération a été lancée. A l’époque, 4 chercheurs de l’Ifremer, et du CNRS du LIRMM (Laboratoire d’informatique, de robotique et de microélectronique de Montpellier) embarquent à bord d’un des navires de la SATHOAN, organisation de producteurs de Sète, pour une opération inédite sur les thons rouges. 

Mieux comprendre les espèces marines

Lors d’une campagne de pêche à la senne (grand filet destiné à encercler des bancs de poissons) au sud de Malte, ils capturent des thons afin de les équiper d’une marque électronique. L’objectif : retracer leurs déplacements sur une année.
 

L’origine du projet vient d’une demande des scientifiques en écologie marine dans un contexte où les océans sont mal connus. Nous avons très peu de données, ils se sont dit que les nouvelles technologies pourraient servir pour comprendre les espèces marines, les océans.

Serge Bernard, directeur de recherche au CNRS et à LIRMM

Au total, cinq individus ont été équipés d’une balise électronique lors de cette opération délicate, expliquée par Serge Bernard, “on pêche le poisson, on le ramène jusqu’au bateau, on l’intube, en lui cachant l’oeil, pour ne pas l’effrayer. Il faut que l’opération de marquage soit la plus courte possible, 2-3 minutes maximum afin de ne pas perturber l’animal. C’est très important que cette opération soit la moins perturbante pour l’animal afin d’étudier ensuite un comportement totalement normal“. 
 

Les thons se déplacent souvent en bancs.

Les thons se déplacent souvent en bancs.

© Serge Bernard

Au bout d’un certain temps, les balises se détachent du corps, remontent à la surface et envoient leurs informations à des satellites. “Sur les 5 individus que nous avions équipés, trois marques ont tenu plus de 10 mois, dont deux un an, sans se décrocher“, précise le chercheur.

Le thon rouge, une espèce très mobile

Un an après la pose des balises, les premières analyses sont présentées. “Ce qu’on a pu étudier c’est que les thons ont des fonctionnements différents. Certains thons qui partaient de Méditerranée, faisaient un grand périple pour revenir“, détaille Serge Bernard. 

Deux thons sont restés en Méditerranée et l’un d’eux a été recapturé à Ravenne dans le Nord de l’Adriatique. Le plus aventureux a gagné l’Atlantique jusqu’au Sud de l’Islande avant de poursuivre sa traversée vers le Canada, de faire cap vers le Sud puis d’amorcer un retour en Méditerranée où il est rentré au mois de juin.

 

Les déplacements réalisés sur une année par les thons équipés de balises électroniques.

Les déplacements réalisés sur une année par les thons équipés de balises électroniques.

© Ifremer

 

Ce qui est intéressant de mettre en avant dans cette étude, c’est l’importance d’une gestion internationale des stocks de cette espèce dans la mesure ou elle est très mobile.

Serge Bernard, directeur de recherche au CNRS et à LIRMM

Des migrations en lien avec le réchauffement climatique

Malgré tout, cette étude présente certaines lacunes selon lui. Avec seulement cinq espèces équipées, “il est difficile d’obtenir des certitudes et conclusions globales“. Il ajoute, “ce qui est certain en revanche, c’est qu’il y a des évolutions des migrations en lien avec les changements climatiques globaux“.

Pour l’instant, c’est avec des capteurs américains que les espèces ont été équipées dont le coût avoisine les 4 000€ selon le chercheur.

L’objectif à terme : équiper les thons de capteurs développés par les chercheurs eux-mêmes moins coûteux (environ 600€), et plus précis. Cela permettrait notamment d’équiper un plus grand nombre d’individus, mais également d’obtenir des données plus détaillées. “Ce que l’on veut faire, c’est rajouter des paramètres physiologiques, pour voir comment l’animal gère sa migration“, précise le chercheur. 

Des études doivent également être menées sur d’autres espèces.

Espèce phare, le thon rouge est aujourd’hui très prisé de la gastronomie japonaise. Selon les fluctuations des cours et la qualité du produit, le prix de base est de 20 à 40 €/kg et il peut atteindre 100 €/kg, voire au-delà pour des thons de qualité exceptionnelle.

L’étude de cette espèce est aujourd’hui également primordiale pour les pêcheurs. Les conclusions conduisent également vers une pêche plus intelligente. “Les pêcheurs sont également très engagés à nos côtés afin de mieux comprendre ces espèces, éviter les pêches accidentelles pour avoir à terme plus de poissons“, conclut le chercheur.  

 



Source France 3

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