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la tortue alligator aperçue sous le Pont du Diable était en fait une tortue de Floride

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Des baigneurs ont aperçu de “grosses tortues” sous le Pont du Diable, dans l’Hérault, mercredi soir. Par précaution, la plage avait été évacuée. D’abord prises pour des “tortues alligators”, il s’agit en fait de tortues de Floride, selon les pompiers, une espèce bien moins dangereuse.

Panique sous le Pont-du-Diable, dans l’Hérault, ce mercredi. La plage a été évacuée en fin d’après-midi après que des baigneurs aient constaté la présence de “grosses tortues”, selon un témoinage recueilli par France Bleu.

“Plusieurs tortues d’une trentaine de centimètres”, “une bosse rouge à l’arrière de la tête”… Sur place, certains croient reconnaître une tortue dite “alligator”, une espèce carnivore rare et agressive, potentiellement dangereuse pour l’Homme. 

Dépêchée sur place, une équipe de plongeurs des sapeurs-pompiers a pu constater la présence de tortues d’eau douce, sans pouvoir les attraper ou confirmer leur espèce. De retour sur site ce jeudi matin, ils ont finalement pu attraper un spécimen ; il s’agit d’une tortue de Floride. 

La tortue de Floride : un fléau pour la biodiversité

Très commune dans la région, cette espèce omnivore importée des Etats-Unis prolifère et menace la biodiversité locale, et notamment la tortue européenne, en monopolisant son territoire et ses proies (algues, plantes, insectes, amphibiens et petits poissons).

Agressive, elle est néanmoins peureuse et reste bien moins dangereuse qu’une tortue alligator, pouvant faire jusqu’à 80 kilos. Un spécimen très rare avait été retrouvé dans un parc des Alpes-Maritimes en avril dernier.

 

“Je reçois 40 appels par jour pour savoir si j’ai de la place pour des tortues de Floride, explique Vincent Morcillo, de l’association CEPEC, un centre d’étude pour la protection des tortues à Vergèze, dans le Gard. Les tortues de Floride se sont vendues comme des petits pains jusque dans les années 90 en Europe et beaucoup les ont été relâchées dans la nature. Elles déséquilibrent totalement la faune et les structures d’accueil sont saturées.”
 

Désormais interdite à la vente, l’acquisition de cette espèce était encore totalement libre jusqu’en 2008. Depuis, les lois ont progressivement encadré l’achat de ces tortues. Il faut désormais détenir un certificat de capacité pour l’élevage d’animaux d’espèces non domestiques pour pouvoir en accueillir une chez soi.

La thèse de la tortue alligator peu probable

Selon Vincent Morcillo, des tortues serpentines (chelydra serpentina), une espèce carnivore pouvant faire jusqu’à 15 kilos et 30 centimètres, parfois confondue avec la tortue alligator (macrochelys temminckii), sont régulièrement retrouvées en Occitanie, comme sur les bords du canal du Midi, en Haute-Garonne, en mai dernier.
 
 

On m’a ramené des chelydra serpentina qui avaient été pêchées dans le Gardon à Collias, on en trouve aussi dans les Pyrénées-Orientales, donc trouver une tortue comme celle-ci aurait été possible sous le Pont du Diable. Elles étaient vendues il y a quelques années en animalerie.

Vincent Morcillo, du CEPEC à Vergèze, dans le Gard

Réel danger ?

La découverte d’une éventuelle tortue serpentine aurait-elle créé un véritable danger pour les baigneurs ? Elles sont dangereuses seulement si on les embête et si on ne les manipule pas correctement, sinon elles sont farouches, explique le spécialiste. Dans un plan d’eau, la vitesse à laquelle elle va déployer son cou et attraper ses proies va surprendre, c’est pour ça qu’elle fait peur. C’est sûr qu’un spécimen qui fait 10 ou 15 kilos va avoir une mâchoire tout de suite importante et peut blesser gravement.” 

Quand elles sont découvertes, ces tortues sont confiées à l’Office Français de la Biodiversité, qui les place dans des structures d’accueil.

“Ces tortues endémiques des Etats-Unis se sont adaptées au climat de nos régions. Mais ce sont des prédateurs, et elles peuvent vite proliférer. Mon association, qui s’occupe de l’accueil de toutes les espèces de tortues abandonnées, reçoit régulièrement des appels.” Mais jamais, explique Vincent Morcillo, pour une macrochelys temminckii, la tortue alligator qu’ont cru voir les baigneurs du Pont du Diable.





Source France 3

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