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le grand hamster d’Alsace dans la liste rouge des espèces en “danger critique” d’extinction

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Classé en “danger critique” dans la liste rouge 2020 de l’UICN, un groupe consacré à la conservation de la biodiversité, le grand hamster d’Alsace franchit un nouveau pas vers l’extinction. L’espèce est pourtant protégée depuis 1993 en France et des réintroductions ont souvent lieu dans la région.

À côté des lémuriens de Madagasar et de la baleine franche de l’Atlantique, le grand hamster d’Alsace a rejoint la liste rouge des espèces en “danger critique” dans le dernier rapport de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), publié le 9 juillet. Un triste constat alors que l’espèce est protégée depuis 1993 en France. Le programme de réintroduction du grand hamster initié en 2003 n’a pas encore porté ses fruits. 

Appelé grand hamster d’Alsace, hamster d’Europe ou hamster commun, il est reconnaissable à son ventre noir, son pelage couleur ocre ponctué de blanc. Alors qu’on les comptait par milliers à travers l’Europe et en Russie, ces rongeurs ont vu leur population décliner au fil des années. Il “a disparu des trois quarts de son habitat d’origine dans la région française d’Alsace, d’au moins un tiers de son aire de répartition en Allemagne et de plus de 75% de son aire de répartition en Europe de l’Est. Si rien ne change, l’espèce pourrait disparaître au cours des 30 prochaines années“, alerte l’UICN dans son expertise. En 2019, l’association de protection de l’environnement de Lingolsheim et Environs (APELE Nature) évaluait la population de grands hamsters à 700 individus alors que le seuil de survie est estimé à 1.600 individus pour un territoire de 600 hectares.

“Danger critique”

C’est l’échelon le plus haut de la vulnérabilité“, lance Rodolphe Dreyer, membre de l’association APELE Nature. Venant de l’Est de l’Europe, le grand hamster a arrêté sa route au niveau des Vosges où il y a trouvé un terrain favorable “avec le loess, cette terre poussiéreuse“, comme l’explique le défenseur de la biodiversité. Simple pour creuser les terriers, la terre de la plaine d’Alsace a également été recherchée pour sa fertilité. “Jusqu’en 1992, avant que le hamster ne soit protégé, les agriculteurs chassaient l’espèce pour en faire des cultures. Le hamster était un concurrent.” Peu à peu, bétonisation, urbanisation et agriculture ont réduit l’espace vital du grand hamster.
 

Après sa période d’hibernation, le rongeur sort de son terrier au printemps et ne trouve plus la couverture végétale qui lui permet de vivre. “Il ne peut pas se cacher des griffes des prédateurs“, explique Rodolphe Dreyer. La maïsiculture est notamment au coeur des discussions entre Etat, associations et agriculteurs. “Le maïs a pris le dessus depuis les années 1970. La technique du monde agricole et sa façon de produire deviennent incompatibles avec le vivant. Les machines sont tellement performantes que la petite faune ne peut plus survivre“, déclare Anthony Chuet, le directeur adjoint du Naturoparc. À force de trop manger de maïs, une carence en vitamines a été constatée chez les femelles qui en viennent parfois à manger leurs petits, d’où l’importance d’une diversité des cultures dans des espaces plus petits.
 

Le réintroduire, ce n’est pas le sauver, c’est une solution d’urgence.

Anthony Chuet, directeur adjoint du Naturoparc

La protection du grand hamster

La survie de l’espèce est aujourd’hui conditionnée à la poursuite des mesures et des actions menées pour sa protection. Rodolphe Dreyer rappelle que la France a été condamnée en 2011 par la Cour de justice de l’Union européenne parce qu’elle ne mettait pas tout en oeuvre pour protéger le hamster. “Sans ce jugement, il n’y aurait plus de hamsters en Alsace“, estime-t-il. Pour renforcer les populations existantes, Naturoparc a organisé en juin un lâcher d’hamsters. Environ 400 hamsters sont ainsi réintroduits chaque année. Mais Anthony Chuet tempère les impacts de cette initiative : “Le réintroduire ce n’est pas le sauver, c’est une solution d’urgence. C’est un combat qui arrive un peu trop tard. On maintient la population sous perfusion.” Outre la réintroduction, certains agriculteurs ont décidé de mettre à disposition certaines de leurs parcelles ou des zones de non-récolte pour créer des refuges. Mais le combat passe également par la sensibilisation des citoyens, qui n’imaginent pas toujours qu’une telle extinction est en train de se dérouler sous leurs yeux. 

 



Source France 3

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