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rencontre avec Ananda Joinet, photographe naturaliste

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De mi septembre à mi octobre une période particulière débute pour le cerf, celle du brame. La période de reproduction. Elle attire de plus en plus de badauds. Or il y a des règles strictes à respecter. Nous avons suivi Ananda Joinet, une photographe et vidéaste naturaliste qui nous met en garde.

Ananda Joinet est passionnée par la nature et les animaux depuis son enfance. Elle a débuté la photo animalière à l’âge de 12 ans.  Aujourd’hui à 28 ans elle en a fait son métier. Ce qui lui plait c’est partager son regard, sa sensibilité.

“Je me suis dit pourquoi pas immortaliser ces petits moments de vie des animaux sauvages, leur donner vie, capter une émotion que d’autres personnes ne pourraient pas voir de leurs propres yeux. Cela me permet de partager ces moment que j’apprécie.”

Bien camouflée derrière un arbre Ananda attend… Sans un bruit, la jeune femme espère que la nature va lui faire le plus beau des cadeaux. La rencontre. Aujourd’hui c’est le cerf qu’elle attend de voir.

 

La photographe prend mille précautions pour ne pas perturber la faune.

La photographe prend mille précautions pour ne pas perturber la faune.

© Robin Spiquel

En pleine période de brame le cerf a un comportement atypique. Durant un mois, de la mi septembre à la mi octobre il est en rut. Il brame, pour marquer son territoire, pour séduire les biches. Il ne pense a rien d’autre, il ne mange pas, il se bat, il est désorienté, hébété. Durant cette période, cruciale pour lui il perd jusqu’à 25% de son poids
 

La période du brame est un moment crucial pour le cerf, le moment où il met en jeu l’avenir de son espèce. C’est très éprouvant pour lui tant physiquement qu’émotionnellement.

Ananda Joinet, photographe, vidéaste.

 

brame du cerf, Ananda Joinet photographe

Depuis quelques années Ananda Joinet est lasse. Ces rencontres magiques, ces cadeaux de la nature qu’elle attend patiemment, durant des heures, certains tentent de les voler, de les arracher à la quiétude du monde animal.

 Le brame attire de plus en plus de badauds. Et la majorité d’entre eux ne respectent pas suffisamment l’animal. Des files de véhicules garés le long de routes, des portières qui claquent, des phares allumés, aux randonneurs défilant à plusieurs dizaines, de nuit, dans les bois, en passant par ses groupes installés en pleine forêt avec bières, cigarettes et lampes torches, jusqu’à ces 4X4 qui pénètrent dans les prairies. Ananda désespère.

“Avec les réseaux sociaux de plus en plus de monde entend parler du brame du cerf. Les gens veulent voir et observer ce qui parait logique. Le problème c’est qu’ils ne respectent pas toujours certaines précautions. Les distances par exemple. En fait ils ne respectent pas l’éthique que l’on doit au cerf tout simplement. Du coup les cerfs deviennent très craintifs, ils restent reclus la plupart du temps, et de  plus en plus ne brament que la nuit.”

Si vous souhaitez tout de même entendre le cerf bramer, dites vous que le voir n’est pas la chose principale, l’entendre est finalement bien plus impressionnant. Gardez vos distances avec le milieu. Restez dans votre véhicule garé en bord de route, ouvrez les vitres, éteignez les lumières. Inutile d’entrer dans le bois ou sur la prairie, vous y ferez du bruit, il vous verra et ne bramera pas.

D’autre part le cerf en cette période est plus prompt à charger qu’en temps normal, l’approcher c’est vous mettre en danger.

Et puis cerfs et biches seront bientôt suffisamment perturbés puisque leur chasse est autorisée dès le 17 octobre.

 



Source France 3

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