Farines animales, sous-produits, gluten de maïs, cendres brutes, additifs : la composition d’un paquet de croquettes a de quoi inquiéter quand on la lit sans clé de lecture. Ce guide explique d’où viennent les matières premières de l’alimentation industrielle des chiens et des chats, ce que la réglementation européenne autorise et impose, et comment juger une recette sur des critères vérifiables plutôt que sur le vocabulaire de l’emballage.
Quelles matières premières trouve-t-on dans l’alimentation des chiens et des chats ?
Le règlement (CE) n° 767/2009 définit les matières premières pour aliments des animaux comme des « produits d’origine végétale ou animale dont l’objectif principal est de satisfaire les besoins nutritionnels des animaux », auxquels s’ajoutent des substances minérales. Un catalogue européen, prévu par ce même règlement, recense leurs dénominations et descriptions. On peut les regrouper en quatre ensembles :
| Famille | Exemples | Rôle principal dans la recette |
|---|---|---|
| Matières premières animales | Viandes, abats, poissons, œufs, graisses animales | Protéines complètes, acides aminés essentiels, énergie, acides gras |
| Matières premières végétales | Céréales (riz, maïs, blé…), légumineuses (pois, lentilles), tubercules, pulpe de betterave, huiles végétales | Énergie, fibres, texture de la croquette, protéines complémentaires |
| Matières minérales | Sources de calcium, de phosphore, de sodium… | Squelette, équilibre hydrique, fonctions nerveuses et musculaires |
| Vitamines et additifs | Vitamines, oligo-éléments, conservateurs, antioxydants | Compléter les apports, préserver l’aliment |
Aucune famille n’est « bonne » ou « mauvaise » en soi : c’est leur assemblage dans des proportions correctes qui rend un aliment complet. Les proportions précises de chaque recette ne sont pas publiques, d’où l’importance de savoir lire ce que l’étiquette dit vraiment.
Les sous-produits animaux sont-ils de mauvaise qualité ?
C’est l’inquiétude la plus répandue, et elle repose largement sur un malentendu. Le règlement (CE) n° 1069/2009 définit les sous-produits animaux comme des produits obtenus à partir d’animaux « qui ne sont pas destinés à la consommation humaine ». Il les classe en trois catégories selon leur niveau de risque sanitaire, et son article 35 prévoit que les aliments pour animaux familiers soient fabriqués à partir de matières de catégorie 3 uniquement, sauf dispositions contraires fixées dans ses mesures d’exécution.
Cette catégorie 3 comprend notamment « les carcasses et parties d’animaux abattus, reconnus propres à la consommation humaine à l’inspection ante mortem et post mortem mais non destinés à la consommation humaine pour des raisons commerciales ». Autrement dit, une grande partie des sous-produits utilisés en petfood sont des morceaux sains que les consommateurs européens achètent peu : les abats en sont l’exemple le plus courant. La FEDIAF rappelle par exemple que les graisses animales de catégorie 3 sont une source d’énergie, d’appétence et surtout d’acides gras essentiels.
Ce qui distingue deux aliments n’est donc pas la présence du mot « sous-produits », mais l’équilibre global de la formule et le sérieux du fabricant.
Céréales et végétaux ont-ils leur place dans la gamelle ?
Oui, à condition que la recette reste construite autour des besoins de l’espèce. Les végétaux apportent de l’énergie sous forme d’amidon, des fibres qui participent au transit, et donnent sa structure à la croquette lors de la fabrication. Le chien est d’ailleurs considéré comme un omnivore à tendance carnivore, et non comme un carnivore strict.
Une formule avec céréales n’est pas moins bonne qu’une formule sans céréales pour un animal en bonne santé : les recettes « sans céréales » remplacent généralement l’amidon des céréales par celui de légumineuses ou de tubercules. Si vous comparez plusieurs croquettes pour chien, regardez donc la mention d’aliment complet et le stade de vie visé avant la présence ou non de céréales. Pour un grand chien, notre méthode pour lire une étiquette de croquettes et choisir sur des critères objectifs détaille cette démarche.
Pourquoi ajoute-t-on des minéraux, des vitamines et des additifs ?
Même une recette riche en viande reste incomplète sans correction minérale et vitaminique. Les fabricants ajustent donc les apports en calcium, phosphore, zinc et autres éléments, et ajoutent des vitamines, pour que la ration couvre les besoins sans excès.
Les additifs regroupent ces apports nutritionnels, mais aussi des substances technologiques, comme les antioxydants qui empêchent les graisses de rancir. Le règlement (CE) n° 767/2009 impose aux fabricants d’aliments pour animaux familiers d’indiquer un numéro de téléphone gratuit permettant d’obtenir des informations sur les additifs contenus et sur les matières premières désignées par catégories. Ajouter soi-même des compléments à un aliment complet risque au contraire de déséquilibrer la ration ; les données disponibles sur ce sujet sont passées en revue dans notre article sur les compléments alimentaires pour chien et ce que dit la science.
Chien et chat peuvent-ils manger les mêmes aliments ?
Non. Les matières premières sont souvent les mêmes, mais leurs proportions diffèrent parce que les besoins diffèrent. Selon le Merck Veterinary Manual, le chat a besoin d’un acide aminé supplémentaire, la taurine, dont la carence peut provoquer une cardiomyopathie dilatée et une dégénérescence de la rétine ; il a aussi des besoins plus élevés en certains acides aminés, comme l’arginine.
| Minimum de protéines (AAFCO, matière sèche) | Chien | Chat |
|---|---|---|
| Adulte à l’entretien | 18 % | 26 % |
| Croissance et reproduction | 22,5 % | 30 % |
Source : AAFCO, cité par le Merck Veterinary Manual.
Un aliment pour chien n’est donc pas formulé pour couvrir durablement les besoins d’un chat. Pour votre chat, comparez les nourritures pour chat en vérifiant qu’il s’agit bien d’un aliment complet adapté à son âge.
Comment lire la composition d’un aliment pour animaux ?
L’étiquetage des aliments pour chiens et chats vendus dans l’Union européenne suit le règlement (CE) n° 767/2009. Voici les points à vérifier, dans l’ordre :
- La nature de l’aliment : « complet » (il suffit à assurer la ration journalière) ou « complémentaire » (il doit être associé à d’autres aliments).
- La liste des matières premières, donnée par ordre de poids décroissant. Le fabricant peut nommer chaque ingrédient ou utiliser des noms de catégories, comme « viandes et sous-produits animaux ».
- Les pourcentages mis en avant : quand un ingrédient est valorisé par des mots ou des images (« au saumon »), son pourcentage doit figurer.
- Les constituants analytiques : protéine brute, matières grasses brutes, cellulose brute et cendres brutes, ces dernières correspondant à la fraction minérale.
- Les allégations : l’étiquette ne peut pas prétendre qu’un aliment prévient, traite ou guérit une maladie, et toute allégation doit être objective et vérifiable.
Les termes marketing méritent de la distance : la WSAVA (Association mondiale des vétérinaires pour petits animaux) souligne que des mentions non réglementées comme « holistique » ou « premium » ont peu de valeur pour évaluer un aliment. Elle conseille plutôt de s’intéresser au fabricant : qui formule les recettes, avec quelles qualifications en nutrition, et quels contrôles de qualité sont réalisés. Pour la sécurité sanitaire des aliments et la santé animale au sens large, les travaux de l’EFSA sur la santé animale offrent un éclairage institutionnel. Et si votre animal présente des vomissements, une diarrhée, des démangeaisons ou une perte d’appétit après un changement d’aliment, demandez l’avis de votre vétérinaire. Pour un exemple appliqué à un chien de grand gabarit, voir notre guide sur l’alimentation du Rottweiler, ration et croquettes.
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Questions fréquentes
Quelles matières premières sont utilisées dans les croquettes ?
Des matières premières animales (viandes, abats, poissons, graisses), végétales (céréales, légumineuses, tubercules, fibres) et minérales, complétées par des vitamines et des additifs. Leur assemblage vise à obtenir un aliment complet qui couvre les besoins de l’espèce.
Que sont les sous-produits animaux dans l’alimentation des chiens et chats ?
Ce sont des produits d’origine animale non destinés à la consommation humaine. Dans l’UE, les aliments pour animaux familiers doivent utiliser des matières de catégorie 3, qui incluent des parties d’animaux reconnus propres à la consommation humaine mais non vendues pour des raisons commerciales, comme de nombreux abats.
Que signifient les cendres brutes sur une étiquette ?
Les cendres brutes correspondent à la fraction minérale de l’aliment (calcium, phosphore et autres minéraux). Leur déclaration est obligatoire parmi les constituants analytiques des aliments pour chiens et chats, au même titre que la protéine brute, les matières grasses brutes et la cellulose brute.
Un chat peut-il manger des croquettes pour chien ?
Pas de façon durable. Le chat a besoin de taurine et d’un apport en protéines plus élevé que le chien : 26 % sur matière sèche au minimum pour un adulte selon l’AAFCO, contre 18 % pour le chien.
Pourquoi la liste des ingrédients mentionne-t-elle des catégories plutôt que des noms précis ?
Le règlement (CE) n° 767/2009 autorise, pour les aliments des animaux familiers, l’usage de noms de catégories comme « viandes et sous-produits animaux ». En contrepartie, le fabricant doit indiquer un numéro de téléphone gratuit pour renseigner sur les matières premières désignées par catégories et sur les additifs.

